Un mythe : l'ouvreur EUROTEST

Interview de Michaël Sauvage

Bonjour Michaël, bien que tu sois connu dans le milieu du ski, permets moi quand même de rappeler 3 choses : tu es vainqueur du challenge des moniteurs à plusieurs reprises, ouvreur eurotest et depuis 2 ans professeur à l’ENSA. Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours de skieur et de sportif ?

Venant du ski-club de Flaine, j'ai couru 8 années en courses FIS et en coupe d'Europe. N'ayant pu réussir une carrière en coupe du monde, j'ai arrêté le ski de haut niveau pour voyager et passer mon Diplôme d'Etat de ski alpin. J'ai par la suite enseigné en école de ski tout en continuant la compétition pour le plaisir. Entre 2 voyages, j'ai coaché les jeunes du ski-club de Cluses durant 3 saisons pour vivre et connaître le métier passionnant d'entraîneur. Enfin, on m'a proposé un poste de prof à l'ENSA en 2012 que j'ai rapidement accepté afin de connaître un nouveau métier dans le ski.

Depuis quelques années tu parcours l’Europe pour faire des ouvertures « d’Eurotest » que penses-tu de ces tests obligatoires pour devenir moniteurs ?

Ces « eurotests » sont des tests d' « entrée » au monitorat de ski alpin au même titre que l'on passe un examen pour différents métiers. Ils permettent de garantir un certain vécu ainsi qu'un certain niveau de ski aux candidats qui désirent effectuer leur formation de moniteur.

Tous les ouvreurs officiels sont étalonnés au niveau européen, peux tu nous dire à quoi sert cet étalonnage et comment se passe-t-il ?

Chaque année, pour ré-évaluer l'handicap (le coefficient) de chacun, tous les ouvreurs européens se réunissent au mois de janvier afin d'effectuer un « étalonnage ». C'est-à-dire une course en 3 manches où les 2 meilleurs temps de chaque ouvreur sont retenus afin de calculer leur nouveau coefficient.

Doit-il toujours y avoir un ouvreur étranger sur une cession d’Eurotest ? Existe-il des « quotas » de réussite ?

Il doit y avoir au moins un ouvreur étranger au pays qui organise l'Eurotest.

Evidemment il n'a aucun quota de réussite. Il existe cependant des sessions plus faciles que d'autres qui sont dues principalement aux conditions d'enneigement lors des examens.

Ces tests, sont-ils toujours juste ? Qu’est ce qui peut influencer les résultats ?

Le ski est un sport d'extérieur avec des conditions qui changent en permanence, les ouvreurs restent des êtres humains avec des états de forme qui varient. La volonté commune est de faire un examen qui soit le plus juste possible. Les ouvreurs skient à leur niveau et essayent de faire de bonnes manches.

Des chutes de neige avant un Eurotest auront tendance à le faciliter. Plus la neige est dure, plus les écarts se font entre candidats et ouvreurs.

Il n'existe pas de « quota » ou de légendaire « prime » pour l'ouvreur qui fait le meilleur temps.

Suis tu un entrainement particulier pour te préparer aux ouvertures ?

Rien de spécial, des petits apéros de temps en temps... Mais sinon pas mal de sport en général et aussi beaucoup de ski libre.

Quels conseils peux-tu donner aux candidats pour réussir ces tests ?

Evidemment d'être préparé, bien entraîné et de ne pas se mettre trop de pression car elle est inutile. De savoir donner le meilleur d'eux-mêmes juste le temps d'une manche (du portillon de départ à la ligne d'arrivée) et de ne rien regretter.

Propose recueillis par Christophe le 26/01/2015